CUBA LA DÉLICIEUSE

Retour sur l’incroyable Cuba

Située dans la mer des Caraïbes, cette île d’onze millions d’habitants regorge de surprises et de charme. La bonté et la gentillesse de la population ne sont pas paroles suffisantes pour décrire l’ingéniosité de ce peuple. Dansants, pros du système D, braves et souriants filous, les cubains ne laissent pas indifférents. On dit même qu’à Cuba, ce n’est pas de l’île qu’on tombe amoureux mais bel et bien de ses sujets.

Seul pays communiste ouvert aux touristes (depuis peu), le dépaysement est total aussi bien en matière de paysages que de société. Ici, les tickets de rationnement, le parti unique, l’absence de publicité ou d’entreprises privées, les mesures répressives et les slogans patriotiques sont réels. L’école est obligatoire, la religion quasi-absente, et le lait est rationné pour les enfants jusqu’à sept ans.

C’est un vrai retour en arrière qui est vécu. Les infrastructures sont vétustes et précaires mais l’essentiel y est. A Cuba, on ne manque pas de faim ni de soif, on ne mendie pas, on n’use jamais de violence, la drogue y est d’ailleurs formellement prohibée.

Traverser le pays en voiture est sûrement le moyen la plus authentique pour saisir cette satisfaction enveloppante. Le long de l’ « autoroute » – une grande route pas vraiment réglementée- taxis collectifs, cyclistes, calèches, piétons et auto-stoppeurs (des centaines!) se côtoient. Quant aux chauffeurs, ils s’arrêtent quand bon leur semble pour saluer un riverain, demander la direction ou manger une mangue. On ne sait jamais combien de temps dure un trajet à Cuba…

Désillusionnée, la jeunesse ne croit plus au socialisme et rêve à son tour d’ordinateurs, d’évasion et de shopping afin de jouir eux-aussi du soft power américain si proche. Rappelons que le salaire moyen d’un cubain est de 18 CUC (17 euros par mois) ce qui rend ces fantasmes bien souvent illusoires. Pourtant, le cubain reste heureux et ne semble jamais se plaindre de la situation, il dévoue corps et âme à sa patrie et continue d’admirer, soixante ans plus tard, la révolution menée par Fidel Castro et le Che Guevara, l’idole nationale, la vraie.

Après des années d’embargo américain et la fin du castrisme, le pays tente néanmoins de se transformer pour accueillir de plus en plus de touristes, manne financière précieuse pour tout un peuple qui entend s’émanciper et se développer « capitalismant » parlant, laissant planer le doute d’une révolution prochaine, entre nouveaux riches et anciens pauvres… Espérons que si elle advient, cette révolution se solde par un futur prometteur et tourné vers l’avenir.

Côté fourchette, la cuisine cubaine -très influencée par la cuisine créole- est assez bonne, bien que répétitive. L’assiette typique comporte du riz, le fameux « Moros y Cristianos ». D’après la légende, les Cubains voyaient en lui une représentation symbolique du mélange ethnique caractérisant ce pays : le riz représentant la population blanche et les haricots noirs, celle des afro- américains. Relevé d’épices comme le paprika et le cumin, il est souvent accompagné de manioc (« yuka ») ou de courge
(« calabaza »). L’insularité permet de cuisiner le poisson et notamment la langouste, que les touristes s’empressent de déguster (très bon marché). Les « calamares enchilados », ces crevettes cuites dans une sauce à la tomate et aux oignons, sont également très populaires. Enfin, la spécialité nationale, la « Ropa Vieja » (littéralement « vieux linge), se compose d’un effiloché de boeuf à la tomate, ce n’est pas très subtil mais ça reste savoureux. L’absurdité de ce plat national réside dans le fait qu’il soit préparé avec du boeuf, or, le boeuf est réservé uniquement pour les touristes (un cubain risque vingt ans d’emprisonnement s’il tue une vache; on ne plaisante pas avec le cheptel bovin!) Par ailleurs, le climat équatorial de l’île permet de cultiver bananes, mangues, goyaves et papayes qui poussent à foison tout au long de l’année (notez que dans les « casas particular » on vous servira souvent un petit déjeuner très riche en vitamines). A Cuba, le rhum, le café et la cristal -bière nationale- coulent à flot. Les hommes buvant un rhum et fumant le cigare ne sont pas un simple cliché. Benvenidos a Cuba!