L’art, une échappatoire face à LA maladie

Dans le cadre de thérapies pour troubles psychologiques ou physiques, l’art thérapie est utilisée pour aider les patients à se connecter à l’instant présent. Axée sur le bien être, cette thérapie stimule les sens pour s’ancrer et lâcher le mental.

Danser, méditer, dessiner. Voici quelques unes des techniques utilisées par les arthérapeutes pour aider leurs patients à se reconnecter à eux-mêmes.  En travaillant sur la revalorisation de soi, ils aident à retrouver le goût de la vie. Pour cela il est nécessaire que l’atelier de création, de relaxation ou de théâtre soit un moment choisi par le patient. Karine Plagnard, art-thérapeute au CATTP (centre d’activité thérapeutique à temps partiel) de Baraqueville explique : « la dimension du plaisir est très importante. En activant les ressources créatives et en se faisant plaisir, les ressources de vie sont stimulées et on s’ancre dans le concret. On oublie le temps d’un instant la maladie. »

Cécile, diplômée d’art thérapie et atteinte d’un cancer témoigne : « la peinture et le modelage m’aident à lâcher les tensions et à défouler mes émotions.» Tandis que son pinceau glisse sur la toile, elle se recentre et se laisse peu à peu prendre par les harmonies des formes et des couleurs. L’énergie créatrice fait du bien et lui permet même d’améliorer la qualité de son sommeil.

Crédit photo : @CécilePrigent

« Le modelage me plaît beaucoup aussi, il y a un côté intime, presque sensuel. On vit dans une culture où l’on cultive peu le sens du toucher, pourtant le fait de toucher la terre me fait un bien fou. »

« Le seul moyen de ne pas flancher c’est de revenir à l’instant présent grâce à ces pratiques »

CECILE

La confrontation soudaine à la mort ou aux douleurs physiques peut être brutale et générer un état de sidération ou d’angoisse massive. Mais il ne faut pas oublier qu’un personne malade est une personne vivante souligne Mme Plagnard. « Elle est en mouvement et donc en capacité de mobiliser des choses en elle. » Lors des ateliers proposés au CATTP, elle met un point d’honneur à ne pas essentialiser l’identité du patient à sa maladie. « Les patients malades restent eux, ce sont toujours Michel, Françoise ou Sabine, leur identité ne se résume pas à la maladie. » Pour prendre conscience de cela, un cheminement d’acceptation de soi et de son nouveau corps est indispensable. En passant par les sensations ressenties,  des pulsions de vie s’activent.

Crédit photo : @CecilePrigent

De son côté, Cécile médite une à deux heures par jour chez elle et fait parfois des sessions de sept heures dans la même journée. Cette alliée formidable l’aide énormément à supporter son traitement qui lui donne une sensation de lourdeur. « Avec la méditation ma sensation de mal-être due au traitement peut disparaître complètement. Mes muscles restent fatigués mais je sens que le vie circule à nouveau en moi. » Malgré ce lourd traitement, elle arrive à ressentir des sensations agréables. « Sans la peinture, le modelage et la méditation, je serais enfermée dans ma douleur et mon mal-être du corps. Le seul moyen de ne pas flancher c’est de revenir à l’instant présent grâce à ces pratiques là. »

Accessible à tous et nécessitant peu ou pas de matériel, l’art thérapie permet de soulager la douleur physique tout en faisant voyager l’esprit.