Anxiété : le mal invisible

Entre réchauffement climatique, pandémie, luttes sociales, incertitudes liées à l’avenir professionnel ou encore pression de la réussite, le contexte actuel est une machine puissante à créer ou renforcer l’anxiété.

Selon une étude australienne menée par des chercheurs de l’université du Queensland, 1 personne sur 13 souffre d’anxiété. C’est une des maladies mentales les plus communes et les plus banalisées. La plupart du temps, les personnes anxieuses n’ont pas nécessairement conscience de leur condition. L’anxiété est un état de trouble psychique, causé principalement par la crainte d’un danger, qu’il concerne soi-même ou autrui. Elle peut se déclencher avec le stress et il devient alors excessif. C’est alors plus difficile à gérer pour les personnes qui en souffrent. On parle de troubles anxieux comme la phobie sociale, les crises de panique, l’agoraphobie ou encore de manière globale l’anxiété généralisée qui souligne un état d’anxiété étalé sur une période d’au moins 6 mois. Ces troubles sont déclenchés par des situations bien spécifiques pour chaque personne. Souvent, il est possible d’identifier des éléments déclencheurs tels qu’une agression, une situation précaire, la présence d’autres maladies mentales comme la dépression ou la schizophrénie, une maladie ou un décès dans l’entourage, la pression de l’échec ou une nouvelle étape dans la vie. Il existe de nombreuses sources pouvant générer de l’anxiété chez une personne. Il est donc important de ne pas en minimiser les causes. Chacun l’expérimente différemment. Un facteur déclencheur plus ou moins important ne définit pas l’intensité de l’anxiété ressentie.

Comment s’en sortir et aider les autres ?  

Une forme d’angoisse peut être normale à certaines étapes de la vie. On parle plutôt de stress. L’anxiété, elle, est diagnostiquée. Le problème est que la plupart des personnes en souffrant n’imaginent même pas consulter un spécialiste. Elles peuvent penser qu’il s’agit simplement d’un trait de personnalité et apprennent donc à composer avec. Comprendre son anxiété et l’accepter sont les deux clés principales.

Une crise d’anxiété ou de panique se manifeste généralement par des palpitations cardiaques, de la tension musculaire, une sensation d’étouffement, des sueurs excessives, des bouffées de chaleur ou de froid, ou encore une sensation de boule dans la gorge, dans l’estomac voire même des insomnies, des vertiges et des maux de tête.

« Les phases légères c’est à dire 80% du temps, je gère comme je peux avec ce qui me correspond » 

SOPHIE (46 ans)

« Les phases légères c’est-à-dire 80% du temps, je gère comme je peux avec ce qui me correspond »  explique Sophie. Cela fait déjà 23 ans que sa dépression et son anxiété ont été diagnostiquées. Elle se rappelle très bien de la première fois qu’elle s’est manifestée : « Avec la perte de sommeil et d’appétit sont venues les premières crises d’angoisse. Cela a duré une semaine, je m’en rappelle très bien c’était pendant une semaine de vacances. Puis, je suis retournée en stage et j’ai dû reprendre une vie normale forcée. Le fait d’avoir de nouveau un rythme et de devoir faire énormément de choses m’a fait sortir de cet état ». Pour elle, cette anxiété se manifeste par des palpitations, des sensations de chaleur, des bouffées de chaleur et un manque de concentration, plusieurs fois par jours tous les jours. Aussi bien le jour que la nuit. : « Je suis en proie à un questionnement perpétuel et souvent confrontée à de nombreuse incertitudes vis à vis de l’avenir plus ou moins proche. Je dirais même vis à vis du sens de la vie de manière générale, la perte d’un proche et la mort dans sa globalité aussi m’effraient beaucoup. » 

Sophie a su trouver et adapter des techniques qui lui conviennent personnellement. Lire beaucoup jusqu’à endormissement pour moins réfléchir en fait partie. La nuit elle effectue une technique de visualisation et de respiration avec 3 secondes bloquées puis une expiration de 5 secondes en visualisant des images apaisantes. Se mettre au frais, rechercher la fraicheur est aussi un bon moyen d’apaisement pour elle. La journée, étant au travail, elle est obligée de s’activer même lorsqu’une crise survient. Elle marche aussi fréquemment, dès qu’elle peut ou ressent le besoin. La cuisine est une de ses techniques favorites. En phase aiguë, elle a une thérapie analytique avec un psychiatre voire une prise médicamenteuse. 

Son anxiété n’a jamais été un frein professionnel ou social. Elle explique qu’elle a toujours su très bien cacher ses maux. Très peu de gens le savent dans son entourage et encore moins dans son environnement professionnel. La communauté scientifique, grâce à des études, a su identifier des loisirs précis pouvant réduire l’anxiété de manière globale et l’intensité des crises. On y retrouve par exemple faire des puzzles, lire, jardiner, peindre, colorier ou encore faire des mots croisés. Pour l’odorat, la lavande est une plante ayant de nombreux bénéfices permettant de se relaxer et mieux dormir. Combattre l’anxiété n’est pas chose facile, elle est identifiée comme un des plus gros maux du siècle. Apporter des clefs simples pour ouvrir la discussion, permettre à toute personne souffrante d’avoir des solutions accessibles et efficaces ne compense pas l’avis d’un spécialiste. Bienveillance, sensibilisation et écoute sont les graines qui feront naître les racines d’un meilleur monde pour les anxieux.

DES CLÉS POUR RÉUSSIR À COMBATTRE SON ANXIÉTÉ

Voici une liste de ressources non-exhaustives pour vous permettra de poursuivre votre réflexion.

Instagram : @anxietyhealer @worrywellbeing @selfcareisapriority @theo.grosjean

Youtube : Pour apaiser son anxiété ou une crise de panique, exercice de méditation :  https://www.youtube.com/watch?v=O-6f5wQXSu8 / Comprendre et aider, How to cope with anxiety par Olivia Remes : https://www.youtube.com/watch?v=WWloIAQpMcQ

Livres : Anxiété: les tribulations d’un angoissé chronique en quête de paix intérieure (Scott Stossel) & Tremblez mais osez (Susan Jeffers)