De l’or en barres

Chronique 4/// Le chocolat ///

On le suppose rapporté du Mexique par le conquistador espagnol Herman Cortès au XVIème siècle. Amer et corsé, le chocolat, et plus particulièrement la fève de cacao crue, est apprécié depuis des siècles. Déjà, les populations Mayas en louaient ses effets revigorants et utilisaient les graines comme monnaie d’échange. Savoureuse, la nouvelle marchandise est un délicieux succès -auprès des populations fortunées- dont il se murmure qu’il permet d’ « honorer » les femmes. Cette vertu aphrodisiaque est souvent mentionnée dans les romans libertins du XVIIIème siècle et même le célèbre séducteur Giacomo Casanova l’assure: « le chocolat est un amant alimentaire  », une recharge d’ardeur et de vitalité. 

C’est au XIXème siècle que le chocolat est démocratisé et que ses types de consommation varient. Autrefois avalé comme chaleureux breuvage réconfortant, les progrès de l’ère industrielle permettent rapidement sa vente sous forme de tablettes, de chocolats et autres confiseries qui séduisent les palets des plus gourmands. Désormais le chocolat est partout. Du rayon du supermarché à l’oeuvre littéraire, le chocolat est sur toutes les lèvres. C’est la fièvre du cacao, l’avènement du diabète. 

Rien qu’en France le 7ème pays plus gros consommateur, il s’en vendrait chaque année plus de 330 000 tonnes dont 10% sur la période de Noel et 5% sur celle de Paques. Si les tablettes sont les stars de nos caddies (33% des vente), les pâtes à tartiner (25%) et autres confiseries (13%) ont le vent en poupe. Le confiseur suisse Lindt est de loin l’une des plus grandes entreprises liée au secteur et son fondateur (David Sprüngli-Schwarz en 1845), amoureux du chocolat pourrait largement être la source d’inspiration du personnage de Willy Wonka dans Charlie et la Chocolaterie. La Côte d’Ivoire, avec plus de 2,2 millions de tonnes est incontestablement le premier pays producteur au monde. Le cacao, c’est en fin de compte, l’or brun de nos marchands. 

Aujourd’hui petits et grands en raffolent, sous toutes ses formes le chocolat crée le consensus gustatif et offre une large palette de déclinaisons frôlant parfois l’indigestion : noir, au lait, blanc, praliné, à l’orange, en guimauve, dans les recettes sucrées comme celles salées (le Mole Poblano mexicain par exemple, une recette de poulet nappé de sauce au chocolat très forte et très épicée), il existe un nombre infini de variantes qui rendent possible la diffusion unique de ses arômes. Aliment de la passion, adoucisseur des mœurs humains et élément de bonheur, le chocolat est à intégrer dans la totalité des régimes alimentaires. En effet, la plume du journaliste contemporain Patrick Skene Catling nous le confirme: « D’autres aliments ne sont que nourriture. Mais le chocolat est chocolat .». 

Tous les vendredi, Victoria évoque sur SENS sa vision de la cuisine. Entre observations personnelles et partage de recettes, c’est tout l’univers du goût qui est sollicité. 

Recette du fondant au chocolat qui met tout le monde d’accord: