Le jour où j’ai dit stop à la Fast-Fashion

Il y a un an, lorsque je terminais ma lecture du mastodonte No Logo de Naomi Klein (sorti en 2000  mais malheureusement toujours autant d’actualité) je me trouvais déstabilisée. Tout au long des 750 pages, l’autrice et militante anti-capitaliste livre un combat sans merci contre l’industrie de la Fast Fashion et ses nombreux lobby où la surconsommation et la surproduction se trouvent être les tristes corollaires liés à la scandaleuse réalité sous l’étiquette…

Lorsqu’avant on achetait un vêtement on le portait jusqu’à épuiser son dernier fil. Aujourd’hui, on achète, on se lasse, on rachète et on oublie toutes les merveilles, pourtant neuves, dont nos penderies regorgent.

Quand il s’agit d’un sujet comme la mode, on sait sans vraiment vouloir savoir. On sait que l’industrie textile est la deuxième la plus polluante au monde derrière le pétrole (elle émet à elle seule 8 % des émissions de gaz à effet de serre), on sait que les conditions de travail sont dramatiques, on sait que si les entreprises ont délocalisé en masse dans les années 90 ce n’est pas pour rien. Écouler de grandes quantités de tee-shirt à 5,90 euros est une manne pour les géants de la Fast fashion, mais à quel prix est sapée la vie de ceux qui se trouvent au bout de l’aiguille ?

La question qu’on se pose alors c’est comment peut-on cautionner un tel massacre silencieux ? Comment les PDG d’enseignes de Fast Fashion (H&M, Primark, Zara, Gap…) peuvent-ils encore se regarder dans une glace sans éprouver le moindre remord, la moindre culpabilité ? La réponse est simple, cette exploitation est la base même de notre modèle économique. Le capitalisme mondialisé entend deux entités qui ne peuvent vivre l’une sans l’autre: un exploiteur et un exploité, un tyran et un soumis, un gagnant et un perdant. Ici, règne un monde sans pitié où le toujours « plus » sévit comme leitmotiv.

Pour payer nos vêtements à coûts aussi faibles il faut que ceux de productions soient tirés vers le bas, que les matières utilisées soient les plus compétitives, que la dimension éthique autour des travailleurs soient oubliées et que le mot écologie n’existe plus (rappelons que 10 000 L d’eau sont nécessaires pour la production d’1kg de coton). La partie la plus révoltante et écoeurante reste celle des enfants. 1 enfant sur 10 dans le monde « travaille » pour l’industrie textile, les géants préfèrent fermer les yeux sur leur propre réalité et inonder les medias avec leur démagogie bienveillante et leur bonne conscience caritative mais ils sont les premiers à contribuer à ce désastre, preuve cuisante de leur échec.

Voilà, bienvenus en enfer, on y a retrouvé le diable et il s’habille en Zara (marque qui d’ailleurs comptabilisait plus de 18 milliards d’euros de CA en 2017…).

En piochant dans la garde-robe de vos grand-parents, en fouillant dans les friperies, en achetant sur des sites de seconde-main (Vinted, Vestiaire Co…) et en soutenant les créateurs qui privilégient une production française avec des matières nobles et responsables, en vous tournant vers l’up-cycling  (tendance qui consiste à recréer à partir de matériaux inutilisés des produits d’utilité supérieure) vous allégerez vos dépenses et gagnerez en style.

Et comme le disait Gabrielle Chanel; « la mode se démode, le style jamais ».

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Infographie Fast Fashion par Oxfam