Retour vers la nature

/// Chronique 2: Les fleurs ///

Cueillette : Activité consistant à collecter des plantes sauvages, insectes, animaux lents, etc., qui constitue le mode de subsistance principal de sociétés non-industrielles qui ne pratiquent pas l’agriculture. Depuis son arrivée sur Terre, il y a plus de 2,8 millions d’années, l’Homme cherche à se nourrir, à combler ce besoin primaire fondamental pour son bon épanouissement. Tout comme la chasse, la cueillette constitue alors une ressource alimentaire essentielle à sa survie. Les chasseurs-cueilleurs d’autrefois sont finalement les premiers agriculteurs de notre ère. Les récoltes deviennent systématiques et la nécessité de trouver de quoi répondre à sa faim absolue. La domestication des plantes commence, annonçant avec elle les prémices de l’économie. La société marchande est née.

De nos jours, la cueillette est une activité pratiquée par une poignée d’adeptes. Peu d’entre nous connaît l’immensité des ressources naturelles dont nous disposons et lorsqu’il s’agit de cuisiner, c’est « naturellement » (dans son usage antithétique) le chemin du supermarché qui est emprunté. Or, la nature offre des centaines de plantes et fleurs sauvages comestibles dont les bienfaits sont multiples et revendiqués. La consoude, une plante à larges feuilles vertes, soigne les bobos des articulations; l’ortie est bourrée de fer; l’ail des ours de vitamine C; le bleuet dégonfle des yeux irrités… Toutes -à condition de bien les identifier- possèdent des propriétés médicinales reconnues.

D’Antoine Parmentier, spécialiste de l’hygiène alimentaire du XVIII ème siècle à Marc Veyrat, triplement salué par la critique Michelin pour sa cuisine 100% nature, la consommation des plantes sauvages fascine et séduit.

La cueillette en pleine nature, si elle permet de s’offrir un entracte de tranquillité appréciable dans l’effervescence du quotidien, permet surtout de s’assurer qu’aucun produit chimique n’a été délibérément ajouté pour augmenter les rendements. Ici, il est question d’écouter Mère Nature et de prendre ce qu’elle nous offre de plus pur, de plus immaculé. C’est un coup de frein dans le rythme frénétique d’aujourd’hui qui, miné par le profit, entrave tout ce qu’il nous a été nativement donné.

En effet, cuisiner la nature est simple. Les fleurs sont souvent séchées pour agrémenter des tisanes et les plantes utilisées dans la préparation de pesto, de soupes ou même de quiches.

Le pissenlit -par exemple-, cette fleur jaune qui abonde dans les prairies au printemps et appréciée pour ses vertus dépuratives, se transforme en cuisine en « cramaillotte » ou « miel de pauvres » comme nommé dans le bon patois. Sa préparation est simple mais assez chronophage, il faut simplement s’armer de patience pour retirer le vert, situé sous la fleur de pissenlit, qui contient l’amertume. Ensuite, les étapes de réalisation ne requièrent pas de maîtrise particulière, les ingrédients sont ceux des placards les plus basiques: sucre, citrons, oranges. A l’arrivée, c’est une texture mi-confiture, mi-miel très délicate et parfumée qui agrémente parfaitement tartines, yaourts ou tisanes.

Tous les vendredis, Victoria évoque sur Sens sa vision de la cuisine. Entre observations personnelles et partage de recettes, c’est tout l’univers du goût qui est sollicité. 

Recette de la cramaillotte:

CRAMAILLOTTE.png
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