Marie Dupuy : sportive de haut-niveau, étudiante et confinée

Marie Dupuy, en patins roses, lors d’une course @MarieDupuy

A 20 ans, Marie Dupuy collectionne les podiums dans le monde du roller. Comme chaque printemps, elle devait entamer une série de courses importantes. Mais cette année, ce ne sera pas possible, confinement oblige. Elle nous raconte son quotidien entre maintien en forme, cours et repos.

A cette période de l’année, Marie Dupuy devrait être en train d’enchaîner les tours de piste dans son club de Pibrac, dans la banlieue toulousaine, et préparer avec ses deux entraîneurs, les championnats d’Europe et du monde. Pourtant, elle ne pourra pas participer à ces compétitions cette année. Elles ont été reportées.

« J’ai travaillé dur tout l’hiver et là d’un coup, tout s’arrête »

Comme ses partenaires d’entraînements, ses adversaires et la totalité des Français, Marie est confinée chez elle, à Toulouse. Un espace un peu étroit pour cette amoureuse du grand air. L’arrêt du sport de haut niveau, l’impossibilité de s’entraîner : la situation n’est pas idéale et la frustre : « J’ai travaillé dur, j’ai fourni des efforts pendant tout l’hiver et là tout s’arrête d’un coup. Je regrette de ne pas pouvoir me jauger par rapport à mes concurrentes ». Médaillée de bronze aux derniers championnats du monde junior, la jeune athlète de l’équipe de France allait se confronter aux grandes dames du roller mondial.

Entrainement tous les jours, séries et cours à distance

Pour se maintenir en forme, la pibracaise s’entraîne tous les jours : « Je fais du home-traîner entre 1 heure et 2 heures par jour et je cours mais je suis du genre à respecter les consignes, je ne m’aventure pas trop au-delà de chez moi ». Pour le moment, impossible pour elle de chausser ses rollers : « J’ai besoin d’espace, chausser ses rollers maintenant dans mon lotissement ne m’apporte pas grand chose. »

Jetée de patins pour s’assurer la victoire @MarieDupuy

Avant d’être une sportive de haut-niveau, Marie reste une jeune femme comme les autres qui profite de quelques jours de vacances avant la reprise des cours à distance. Scolarisée en classe de remise à niveau scientifique, elle prévoit une formation dans la diététique. Une scolarité obligatoire car il est difficile de vivre de son sport : « C’est souvent assimilé à un loisir que l’on fait entre amis et en famille et le roller n’est pas tellement reconnu comme sport de haut-niveau ». Le roller reste un sport où les infrastructures en France manquent cruellement pour performer au haut niveau. Pourtant, les talents ne manquent pas. En 2018, lors des Jeux Olymiques de la Jeunesse, la France, a remporté la médaille d’argent.

Après le confinement, Marie prévoit de rapidement reprendre l’entrainement et promet de respecter les règles de distanciation sociale « quitte à s’entraîner seule ». Cette période loin des pistes ne l’a en tout cas pas éloignée de ses ambitions : « Je n’ai encore rien montré, j’ai envie de faire plus » termine-t-elle, déterminée comme jamais.

Timothé Rouvière