L’homme face à lui-même

3 milliards de personnes, au moins, sont confinées à leur domicile sur l’ensemble du globe. Les activités humaines sont donc paralysées. C’est un moment de répit inespéré pour la planète. Tous les anarchistes, les écologistes et les anticapitalistes en rêvaient. Le Covid-19 l’a fait. Sous-estimé dans un premier temps, il est aujourd’hui, la principale menace de notre société. Quiconque n’imaginait que les conséquences de sa propagation marquerait l’histoire mondiale. Ce microscopique virus met à mal une société que l’Homme a mis des milliers d’années à construire. Un ennemi invisible qui grignote les corps et pèse sur les esprits. De part et d’autre du globe, chaque pays organise sa propre défense. Certains dirigeants parlent de guerre, Emmanuel Macron a répété le mot à six reprises, devant près de 35 millions de téléspectateurs. Une guerre inédite où les usines ne sont pas réquisitionnées pour produire de l’artillerie mais du matériel de santé, où les contrats signés entre Etats ne sont pour des avions militaires mais pour des masques chirurgicaux. D’autres déploient des moyens colossaux pour tenter de rattraper des années de politiques d’austérité en matière de santé. Pendant que certains s’évertuent à minimiser le phénomène et à sortir sans crainte. Ils sont pourtant, chaque jour, des milliers : agents de supermarchés, personnels médicaux et de secours, postiers, livreurs, à continuer de travailler malgré les risques. Ils offrent du confort et une lueur d’espoir. Alors que l’Homme nage seul dans l’incertitude, pourrait-il reconnaître ses erreurs ? Il a à présent le temps de penser ses responsabilités et de conscientiser ses gestes

Pendant cette période, les journalistes tiennent une place particulière. A eux de remplir leur mission première : informer la population. Pendant plusieurs années, la profession s’en est semble t-il éloignée. Jusqu’à ce que la population elle-même remette en cause l’utilité de ce métier. Les rares personnes capables de relater les événements actuels sont pourtant les journalistes. Ne serait-ce donc pas à eux seuls de se concentrer sur les faits, d’enquêter, d’expliquer ? A eux de travailler pour vérifier l’information et ainsi décrédibiliser les fakes news ? 

C’est dans cette volonté d’éclairer, de diffuser une information de proximité et vérifiée, que ce projet a vu le jour. Sens se veut un média d’investigation et un média d’écoute, pour rappeler que la population fait l’actualité, tous ces hommes et ces femmes, qui entreprennent et qui œuvrent à leur échelle. Le journaliste est le seul liant entre l’Homme et une réalité qui le dépasse parfois. Il travaille pour apporter des garanties, des repères, du sens. Nous sommes attachés à tout cela quelque soit le support, la thématique, le public souhaitant nous lire, nous écouter ou nous regarder. Nous sommes tous soumis à la logique des sens, il est encore temps pour nous d’y réfléchir.

Chloë Verdier et Timothé Rouvière